Accrochez-vous ! Car les chroniques anciennes nous racontent qu'avant la création, un léviathan colossal, si hideux et incroyablement sinistre qu'il inspirait la terreur à tous ceux qui le contemplaient, rôdait dans les profondeurs des eaux primordiales. Mais il y a un élément qui défie la raison : elles décrivent ce monstre marin comme « scintillant », une créature ornée d'un éclat surnaturel semblable à la lueur brillante de l'or jaune. Un monstre grotesque qui brille comme de l'or ? Rejoignez-nous dans cet épisode pour percer le mystère qui entoure cet énigmatique serpent marin doré et découvrir le lien captivant qui l'unit aux vêtements sacrés portés par l'ancien grand prêtre israélite.
Bienvenue dans le programme. Je m’appelle Jack Logan.
Aujourd’hui, on va bien s’amuser parce qu’on va parler de monstres. De monstres marins en particulier, de ce mammouth hideux qui rôde dans la vase immonde au fond de l’océan.
Ce monstre marin est très important dans la tradition primordiale. Donc, ne sautez pas cette leçon si vous n’êtes pas intéressé par les dragons marins ou les serpents de mer, parce que tout ça est pertinent pour une compréhension complète de la tradition primordiale. Et si vous tenez jusqu’au bout, vous allez découvrir un lien remarquable entre ce monstre marin et les vêtements portés par le grand prêtre dans la tradition hébraïque ancienne. C’est vraiment fascinant.
Dans les dernières leçons, on a parlé de la création. Comme je l’ai mentionné plusieurs fois, les anciens accordaient une importance extraordinaire à la création parce que c’était à travers le récit de la création qu’ils enseignaient des doctrines spirituelles importantes. Donc, si on veut comprendre la théologie de la tradition primordiale, il faut comprendre ce qu’ils enseignaient dans leurs histoires de création, sinon on va passer à côté de beaucoup de choses géniales. Jusqu’à présent, avec beaucoup d’aide de la recherche menée par Marinus van der Suijs sur les histoires de création anciennes, on voit que les anciens ont un récit assez uniforme de la création. En fait, on peut retracer la plupart des motifs, que j’appelle ici les piliers de la création, jusqu’à l’aube de la civilisation, ce qui est exactement ce qu’on attendrait si la tradition primordiale avait été révélée au commencement.
Jusqu’à présent, on a établi deux piliers de la création dans les archives anciennes. Je vous rappelle que le récit de la création donné par les anciens est hautement symbolique, c’est pourquoi j’ai accordé tant d’attention dans ces leçons à affiner notre connaissance symbolique. Il faut décrypter les symboles si on veut vraiment comprendre pleinement ce que les anciens essayaient de nous enseigner.
Voici les piliers de la création qui apparaissent encore et encore dans les archives anciennes.
Le premier pilier. Avant que la création n’ait lieu, l’univers était composé d’une masse infinie sombre de matière inorganisée, sans vie et chaotique, que les anciens décrivaient comme un océan ou une mer primordiale.
Le deuxième pilier qu’on voit partout, c’est que Dieu a insufflé un vent dans les éléments primordiaux, ce qui les a préparés pour la vie et la création.
Tout ça m’amène au pilier numéro trois aujourd’hui. À cette étape du récit de la création, les anciens nous disent qu’un monstre marin impressionnant habitait dans les profondeurs des eaux primordiales.
Ce monstre marin apparaît partout dans les archives anciennes. Oliver Crimin, qui est le conservateur principal des poissons (oui, un truc comme ça existe vraiment) au Musée d’Histoire Naturelle de Londres, a dit :
Les mythes de serpents de mer remontent à l’antiquité, à un point dans le temps qu’on ne peut même pas discerner. C’est à quel point les mythes de monstres marins sont anciens. Ce monstre marin apparaît dans presque toutes les civilisations anciennes.
Au fur et à mesure qu’on avance, essayez d’améliorer votre sens symbolique et voyez si vous ne pouvez pas deviner ce qui est symbolisé par ce monstre marin.
Regardons donc quelques-uns de ces monstres marins. Et je vais commencer par l’Égypte, comme d'habitude. En Égypte, ce monstre marin était un serpent géant appelé Apep, qui se traduit en grec par Apophis.
C’est bien un serpent, et on trouve de l’iconographie de serpents très tôt dans les archives égyptiennes anciennes. On trouve des images qui apparaissent à la période prédynastique, qui date d’environ 5 000 à 2 900 av. J.-C. Si on recule donc de 7 000 ans dans l'histoire, on commence à voir ces images de serpents apparaître. Et bien sûr, les serpents faisaient parti de la vie normale dans cette région du monde. Donc, on ne devrait pas être surpris.
Apophis est mentionné pour la première fois en Égypte ancienne pendant la première période intermédiaire, quand on lui donne un nom réel. Cela date d’environ 2134 à 2040 av. J.-C., pour vous donner une idée. Les chercheurs pensent que le nom donné au serpent de mer est un mot composé. La première partie signifie grand et l'autre partie signifie inarticulé ou charabia. Donc la traduction réelle du nom Apophis signifierait le grand babilleur ou le parleur de charabia. Un nom très intéressant pour un serpent. Pourquoi utiliseraient-ils ça ? Eh bien, prêtez une attention particulière au nom de ce serpent parce que, rappelez-vous, dans l’ancien Proche-Orient les noms étaient censés signifier l’essence réelle de l’être.
Si vous vous souvenez de la leçon numéro 12, le mot qui a changé l’univers, on a étudié comment le pouvoir de la parole prononcée était fondamentale dans l’Égypte ancienne. Selon le Dr Abdao :
« Les anciens Égyptiens croyaient que l’énonciation de la bouche avait du pouvoir, l’énonciation ou l’articulation du mot avait du pouvoir. Le dire avait exactement le même effet que le faire. Énoncer un discours accomplissait l’action énoncée. »
On a vu ça avec le dieu égyptien Ptah. Vous vous souvenez, dans la pierre de Shabaka, il a créé le monde par sa langue. Il a appelé ou parlé toutes les choses à l’existence, et il l’a fait par l’énonciation divine. En d’autres termes, c’est en prononçant les mots que Ptah a apporté l’ordre ou la création à l’univers. Pour que les Égyptiens nomment le serpent de mer Apophis, le grand babilleur ou le parleur de charabia, ça semble être juste une autre façon d’insister sur le fait que ce serpent de mer n’avait aucune capacité à commander aux éléments de prendre forme. Il était impuissant à amener la création. Et pourquoi ? Parce que sa langue ne parlait que du charabia. Il n’avait pas la capacité d’énoncer divinement. Donc, il était sans le pouvoir de créer, ce qui est un fait puissant et important à souilgner sur ce serpent. Il avait le pouvoir de détruire, mais pas le pouvoir de créer. Il avait le pouvoir d’amener le désordre, mais pas le pouvoir d’amener l’ordre. Et pourquoi ? Parce qu’il était le grand babilleur. Ses mots n’avaient aucune efficacité créatrice.
Dans la sixième heure d’un texte appelé le Livre des Portes, un texte égyptien ancien datant du Nouvel Empire, vers 1570 av. J.-C., dans la scène 35, on a une description d’Apophis. Ils nous décrivent à quoi ressemblait ce serpent de mer. Écoutez ça, cela dit :
« Celui sans ses yeux est ce serpent sans son nez et sans ses oreilles. Il respire ses cris. Il vit de ses propres hurlements. »
Une description très intéressante là. Le Dr Ludwig Morenz, qui a écrit sur Apophis dans le Journal d'études sur le Proche-Orient, dit ceci sur ce passage précis :
« Ce strophe court décrit Apophis comme une créature antisociale, sans aucun organe sensoriel approprié. Apophis est juste bruyant. »
Ici on nous donne un image du bruit. Le Dr Morenz continue en soulignant que cette description d’Apophis comme babilleur est en fait très similaire à la description du monstre marin Tannin dans la Bible hébraïque. Voilà ce qu’il dit :
« L’étymologie de Tannin est incertaine, mais on a suggéré qu’il est lié à la racine TNH, qui signifie raconter, répéter comme dans lamenter ou hurler. »
Donc, on a la même description dans la Bible hébraïque de ce serpent de mer ici et il hurle. Donc, si le Dr Mornes a raison, alors la représentation qu’on a du monstre marin est une créature qui adore gémir et crier et hurler.
Dans le papyrus Bremner-Rhind, un papyrus beaucoup plus tardif qui date du quatrième siècle av. J.-C., il donne à Apophis les épithètes suivantes.
« Apep le tombé, le mutilé. Apep le tombé, le plus maléfique. Apep le tombé, le visage féroce. Apep le tombé, le hurleur. Donc, là encore, on a cette emphase sur les gémissements. Apep le tombé, le mal disposé. Apep le tombé, le dévoreur. Apep le tombé, le spoliateur de la terre. Apep le tombé, l’ennemi. Apep le tombé, le sombre. Apep le tombé, le puissant du regard. Apep le tombé, le serpent. Apep le tombé, le mal intentionné. Apep le tombé, le brisé. »
On commence à avoir une bien meilleure image de ce que les anciens Égyptiens pensaient de ce serpent de mer. Il est maléfique et ennemi, spoliateur, hurleur. Et je me demande si vous avez remarqué l'aspect le plus important de ce serpent, il est mentionné dans chacune des épithètes du serpent. À cause de ça, on doit conclure que cet aspect du serpent était considéré par les anciens Égyptiens comme l’une des caractéristiques les plus importantes du serpent. Chaque épithète commence par, « Apep, le tombé ». Le tombé... Le Dr Morenz traduit cette épithète comme le tombé... Tombé de quoi ? Eh bien, on va examiner ça vers la fin de cette leçon. Mais je vais vous donner un petit indice. La réponse est dans le Livre des Saints Secrets d’Hénoch.
Chose intéressante, dans le papyrus Bremner-Rhind, les épithètes d’Apophis sont précédées d’une déclaration très intrigante qui dit :
« Les noms d’Apophis, qui ne seront pas. »
D'accord, donc qu’est-ce que ça veut dire ? Les noms qui ne seront pas ? Si vous vous souvenez de la leçon numéro 12, Le Mot Qui a Changé L’univers, une partie du processus de création était de nommer. Nommer quelque chose c’était l’amener à la création. Ainsi, cette déclaration dans le papyrus Bremner-Rhind que les noms d’Apophis ne seront pas, semble être une autre façon de dire que spirituellement, le serpent de mer reste perpétuellement non créé. C’est presque comme s’ils disaient que le serpent de mer est sans nom. Il est vraiment sans nom parce que c’est une créature qui n’a jamais été spirituellement créée. Essayez de retenir ce détail parce que dans des leçons futures ça va être très important. Ne pas être nommé ou ne pas avoir de nom, c’est dévastateur. C’est synonyme de ne pas exister.
Écoutez ce que Richard H. Wilkinson a dit sur Apep dans son livre, L'Intégrale des Dieux et Déesses de l'Égypte Antique :
Apophis était le grand adversaire du dieu soleil, Rê, et l’incarnation des pouvoirs de dissolution, de ténèbres et de non-être. Le serpent énorme était cru avoir existé depuis le début des temps dans les eaux du chaos primordial, qui précédait la création et l'on pensait qu’il continuerait à exister dans un cycle infiniment malveillant d’attaque, de défaite et d’attaque ressurgente.
C’est en lisant ce résumé de Wilkinson sur Apophis et en lisant dans le papyrus Bremner-Rhind qu'on apprend plusieurs choses importantes sur ce serpent de mer égyptien ancien. La première chose qu’on apprend, c’est que le serpent de mer existait en fait avant que la création n’ait lieu. Ce serpent vivait avant que la terre ne soit née. Ainsi, on voit la doctrine égyptienne ancienne d’une pré-existence. Deuxièmement, on apprend que ce serpent de mer vivait dans les eaux primordiales de Noun, la matière indifférenciée, sans vie, chaotique, qui remplissait l’univers pré-créatif. Et troisièmement, on conclut grâce aux épithètes qu’on trouve dans le papyrus Bremner-Rhind que ce serpent de mer ayant le titre le tombé n’avait pas toujours vécu dans les eaux primordiales. De cette épithète, on déduit qu’il vivait dans une sphère plus élevée dans la pré-existence jusqu’à un certain point où il est tombé, où il est tombé dans les profondeurs de l’océan primordial. La quatrième chose qu’on apprend, c’est qu’on peut conclure que ce serpent de mer n’était pas très content de sa chute parce que « il vit de ses propres hurlements, lamentations et hurlements » dans les profondeurs de l’océan primordial. En fait, il y a des mythes qui disent qu’il était piégé dans les eaux parce qu’il avait précédemment été un dieu chef que Rê avait renversé, ce qui est très intéressant. On apprend aussi que ce serpent de mer vit dans un état perpétuel de non-création. Il n’a aucun pouvoir créatif. Il est l’incarnation du chaos, du désordre, de la destruction et du mal, et à cause de ça, il est la plus grande menace pour l’ordre création, la vie dans l’univers. Il est le Seigneur du Chaos. Sixièmement, ce serpent de mer en tant que l'incarnation du chaos est l’ennemi du dieu créateur Rê qui incarne le principe divin de Maât, le principe égyptien ancien d’ordre, de contrôle et d’équilibre. Finalement, numéro sept, ce serpent de mer est dans un cycle infiniment malveillant d’attaque. Donc, le dieu soleil Rê et son assemblée doivent être en vigilance constante pour se protéger contre ses attaques démoniaques, sinon un peu comme une vipère, il les piquera avec sa morsure venimeuse.
On devrait faire une petite pause ici pour parler du symbolisme. C’est amusant de penser à ces monstres marins et de laisser notre imagination s’emballer. En fait, si vous allez sur internet, il plein de descriptions très créatives et fantastiques et de peintures et d’œuvres d’art de ces monstres marins. Elles sont vraiment sympa à voire. Mais gardez en tête que les anciens Égyptiens, je vous le répète, ne croyaient pas vraiment qu’un serpent gigantesque de 120 coudées de long, ce qui fait environ 55 mètres, rôde au fond d’un océan primordial d’eau. Les Égyptiens essayaient de transmettre en termes symboliques quelque chose sur
Donc, ici, ils ont choisi d’utiliser un serpent terrestre pour transmettre à nous, humains, quelque chose sur la réalité spirituelle de cette entité qui vit dans un état perpétuellement non créé. Si l'on veut en apprendre plus sur ce que les anciens essaient de nous transmettre, alors on va probablement devoir en apprendre un peu plus sur les serpents. J’ai étudié un grand nombre de ces symboles et je dois vous dire que les serpents ont dû être l’un des symboles les plus complexes dans le monde ancien que j’ai rencontrés. Je ne veux pas le simplifier à l’excès, mais en bref, dans le symbolisme ancien les serpents ont été utilisés à la fois pour représenter ces caractéristiques positives, très positives, et aussi très négatives. Ici, je vais me concentrer seulement sur le négatif puisque Apophis est dépeint négativement par les anciens Égyptiens.
Alors, pourquoi les anciens Égyptiens ont-ils utilisé un serpent pour transmettre cette entité démoniaque ? Et bien, quand on regarde la vie des serpents réels, on peut voir des aspects intéressants du serpent qui feraient ressortir cette idée démoniaque. Par exemple, ce sont des créatures du sol. Dans les leçons précédentes, on a parlé des oiseaux et de comment ils sont souvent utilisés symboliquement pour représenter des dieux ou des êtres célestes ou des anges, ceux qui ont la capacité de s’élever aux hauteurs. Mais voyez, ici on a un serpent qui n’a pas d’ailes. Il est définitivement relégué au sol poussiéreux de la terre. Cela accentue le fait qu'il manque de capacité à s’élever.
Rappelez-vous aussi, Apophis était appelé « le tombé » qui était tombé des hauteurs. Et, vous savez, les serpents, ils rôdent dans des endroits sombres et se cachent dans les rochers. Leurs mouvements sont subtils et rusés et furtifs. Et beaucoup d’entre eux, leur peau correspond à leur environnement donc ils peuvent bien se camoufler. Si vous n’êtes pas alerte ou en train de surveiller constamment, vous risquez d’être piqué par leur morsure venimeuse.
Même le mot ramper lui-même me donne la chair de poule. Leurs mouvements sont subtils et fluides, mais en un instant ils peuvent frapper avec une vitesse inégalée et enfoncer leurs crocs dans votre peau. À mon humble avis, ils sont un peu hideux. Ils sont laids et écailleux. Pour moi, il n’y a pas de beauté naturelle en eux. Comparez ça à un oiseau comme le quetzal. Comme je l’ai mentionné, j’adore l’oiseau quetzal. Comparez l’oiseau quetzal à un serpent et vous allez voire ce que je veux dire.
Les serpents sont rusés dans leurs mouvements et leurs comportements. Parfois, c’est vraiment difficile de déchiffrer si c’est un serpent amical ou un serpent mortel et leurs comportements peuvent nous tromper. Leur morsure venimeuse peut être extrêmement nocive, même mener à la mort. À cause de ce mal, il y a aussi une grande peur attachée à leur espèce. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils utilisent des serpents pour transmettre cette entité démoniaque qui existe en bas dans les profondeurs du fond de l’océan primordial.
Et vous savez, Hollywood l'utilise beaucoup dans leurs films et dans leur littérature. Vous connaissez Indiana Jones ? Les serpents sont le talon d’Achille d’Indiana. Et même dans les films de Harry Potter, vous connaissez l’archennemi de Harry, c'est Voldemort, qui utilise un serpent géant appelé un basilic. Dans leur légende, si vous regardez dans leurs yeux, ça mène à la mort immédiate.
Ce sont toutes des idées très, très anciennes. En fait, c’est l’une des épithètes mentionnées d’Apophis. Dans le Bremner-Rhind Papyrus, on lit :
« Apep (c.a.d. Apophis) le tombé, le puissant du regard. »
Les auteurs tirent des idées de riches histoires. Il y a probablement beaucoup plus de caractéristiques de serpents auxquelles vous pouvez penser, c’est pourquoi ces symboles sont si forts. Mais les caractéristiques que j’ai mentionnées peuvent nous fournir un bon point de départ pour comprendre pourquoi les anciens ont utilisé un serpent pour transmettre une entité spirituelle qui avait le potentiel de faire tant de mal dans l’univers.
Cela m’amène à l’autre aspect d’Apophis, son aspect marin ou océanique. Pourquoi ce serpent vit-il dans la mer ? Pourquoi ce serpent est-il un serpent de mer ? Je crois que la plupart d’entre vous l’ont déjà deviné, mais une fois que vous l’avez deviné, vous verrez comment c'est tout à fait logique symboliquement de concevoir la notion d’un serpent de mer, monstre marin, dragon marin ou léviathan. Réflechissez et j’y reviendrai bientôt.
On peut aussi voir ce monstre marin chez les Babyloniens et on en a même discuté dans notre dernière leçon. On a étudié le mythe de création babylonien, l’Enuma Elish. Là, on a vu le dieu Marduk, le premier fils du haut dieu Ea, utilisant le vent et une lance pour tuer le monstre Tiamat, qui personnifiait les eaux primordiales chaotiques. C’est comme ce qu’on a vu en Égypte, où Apophis est l’ennemi du dieu soleil, Rê. À Babylone, Tiamat est l’adversaire principal du chef des dieux babyloniens, Marduk. Dans l’Enuma Elish, Tiamat est explicitement considéré la mer primordiale déifiée. Elle est une déesse. Donc, la bataille entre elle et Marduk est une bataille entre dieux. On appelle ça une théomachie. Théo signifie dieu et machie signifie guerre ou bataille. Théomachie désigne une bataille parmi les dieux.
Il faut noter un détail important dans l’Enuma Elish concernant le monstre marin Tiamat. Elle crée une armée de monstres qui sont menés par son consort Kingu pour combattre Marduk. Ainsi, la bataille n’est pas entre les dieux uniquement. Tiamat vient avec une armée. Voyons si vous pouvez le trouver dans l’Enuma Elish. Ceci vient de la tablette 1 commencant à la ligne 32 de la traduction de BR Foster. Écoutez cette armée qu’elle compose.
« formant une horde pour qu’ils commencent les hostilités. Mère Hubur, qui peut former tout, a ajouté d’innombrables armes invincibles, a donné naissance à des serpents monstres, pointus de croc avec des incisives impitoyables. Elle a rempli leurs corps de venin au lieu de sang. Des dragons féroces elle a vêtu de gloires, leur a donné des gloires, les a faits comme des dieux, disant, quiconque les voit ira engourdi de terreur. Que leurs corps continuent à bondir en avant et ne reculent jamais. Elle a déployé des serpents, des dragons, et des hommes héros poilus, des monstres lions, des hommes lions, des hommes scorpions, des démons puissants, des hommes poissons, des hommes taureaux, portant des armes impitoyables, sans peur au combat. Ses commandes étaient absolues. Personne ne les opposait. Onze en effet de cette manière elle a créés. Parmi les dieux, sa progéniture, qui composaient sa horde, elle a élevé Kingu. C’était lui qu’elle a fait le plus grand parmi eux. Direction des forces, commandement de la horde, armement, contact, ordonner l’attaque. »
Ce point est important parce qu’on ne voit pas une bataille entre deux dieux. On voit une guerre entre deux dieux, une guerre qui implique une horde, une armée qui s’est alignée avec Tiamat. Et Tiamat a toute une légion de serpents monstres qui l’aident à faire la guerre contre le dieu Marduk. Prêtez une attention particulière à ce que le texte dit de cette légion de serpents dans la tablette 1, ligne 134. Il dit qu’elle :
« ... a donné naissance à des serpents monstres. »
À la ligne 136, elle a :
« ... rempli leurs corps de venin au lieu de sang. »
Vous verrez au fur et à mesure que ce projet avance que la maternité est souvent utilisée pour transmettre la notion de naissance spirituelle, pas seulement physique. Et je pense que c’est un peu ce qui se passe ici dans ce passage. La maternité est une façon de transmettre qu’elle est l’auteure de ces serpents pensant qu’elle est leur dirigeante. Elle est celle qui a favorisé et encouragé leur nature démoniaque. Donc, qu’est-ce qu’on fait de cette armée de serpents monstres ? N'oubliez pas que cette légion de serpents monstres est utilisée symboliquement ici. Il n’y avait pas littéralement une armée de serpents monstres rampant dans l’océan primordial, c’est symbolique, et c’est censé nous enseigner quelque chose sur la réalité spirituelle. Gardez aussi en tête que tout ce qu’on lit dans l’Enuma Elish se passe avant la création dans un monde pré-existant. Ce récit atteste qu’avant que le monde ne soit créé, un dieu du désordre avec une légion, ou armée, de partisans a fait la guerre contre l’ordre, la création et la vie. Dans la tablette 2 lignes 1-3 on lit :
« Tiamat a assemblé ses créatures, s’est préparée pour la bataille contre les dieux sa couvée. »
Par la suite, Tiamat, plus qu’Apsu, était devenue une malfaitrice. Ne mâchons pas nos mots ici. La déesse Tiamat et son armée de serpents monstres étaient maléfiques. Ce récit atteste que le mal existait dans l’univers pré-créatif avant que la terre ne soit créée. C’est quelque chose qu’on voit aussi dans les récits égyptiens anciens.
Il y a un autre aspect intéressant de Tiamat qui vaut la peine d’être souligné. Parfois elle est décrite comme brillante ou luisante. Gardez ça dans un coin de votre mémoire parce que ça sera très important vers la fin de cette leçon.
Je veux aussi noter ce que Marduk fait avec la carcasse de Tiamat une fois qu’il l’a tuée. Écoutez attentivement ce qu’il fait avec sa carcasse. Cela vient de la tablette 4 ligne 135 :
« Le Seigneur s’est calmé. Il a commencé à inspecter sa carcasse, pour qu’il divise le monstrueux bloc et façonne des choses astucieuses. Il l’a fendue en deux comme un poisson pour le séchage. La moitié d’elle il a installée et en a fait un couvercle, le ciel. Il a étendu la peau, assigné des gardes. De ses yeux il a laissé couler l’Euphrate et le Tigre. Il a entassé des montagnes distantes d’elle, des trous d’eau il a percés à travers elle pour couler dans ses bassins, a enroulé sa queue et l’a attachée comme un grand lien du ciel et de la terre. Ayant étendu la moitié d’elle comme un couvercle, il a établi la terre. »
Encore, n'oubliez pas que c’est symbolique. Ici Marduk prend la moitié de la peau de Tiamat et l’étend et en fait un couvercle, le ciel. Et l’autre moitié de sa carcasse il l’utilise pour faire la terre. De ses yeux viennent les rivières, de l’entassement de sa carcasse, il fait des montagnes, etc. Rien de tout n'est sensé à moins qu’on comprenne le symbolisme. Qu’est-ce qui se passe ici ? Pourquoi utilise-t-il la carcasse du serpent de mer pour faire la terre et pour faire un temple céleste ? Voyez, Tiamat représente l’antithèse de la vie et de la création. Elle est l’incarnation du désordre, de la destruction et de la mort. C’est seulement quand Marduk la tue que la vie peut s’épanouir, que la terre peut être formée. Il utilise donc sa carcasse pour créer la terre. Ceci est juste une autre façon de transmettre que à cause de la mort de Tiamat, la mort du chaos, la création peut avoir lieu. Tiamat doit mourir avant qu’il n’y ait ordre, création et vie dans l’univers. Avec l’autre moitié de la peau de Tiamat, Marduk fait un couvercle du ciel, et on en reparlera dans quelques minutes.
Le dernier point que je veux souligner dans le récit dans l’Enuma Elish c’est que la guerre entre Marduk, le premier-né du haut dieu Ea, et Tiamat est en grande partie sur la royauté. C’est une guerre sur qui a le droit de diriger, d’être le roi. Souvenez vous que tout dans l’Enuma Elish se passe dans un royaume pré-existant. Donc, le débat est sur qui dans le royaume pré-existant a le droit d’être roi.
J’entrerai dans plus de détails dans la prochaine leçon, mais comme vous le savez, Marduk sort victorieux. L’Enuma Elish se termine avec ces quatre lignes.
« gardez en tête comment elles référencent la conquête de Tiamat, l’eau, qui est la source de vie et une emphase sur le nom de Marduk et la royauté, cette royauté céleste. Et ça dit, le destin de Marduk. que les dieux Igigi ont exalté. Partout où l’eau est la boisson, que son nom ils invoquent. Qu’ils diffusent la chanson de Marduk, comment il a vaincu Tiamat et pris la royauté. »
Si on regarde les archives anciennes, chaque fois qu’on voit des monstres marins ou des serpents de mer et la guerre qui s’ensuit, c’est presque toujours associé soit à la création du monde, la bataille pour la royauté, ou les deux.
On voit ces monstres marins partout ailleurs dans les archives anciennes. Chez les Hittites il s'appelait Uli Kumi. C’était un monstre de pierre qui grandissait dans la mer et combattait Teshub, le fils du haut dieu Qumarbi, pour la royauté.
On peut le trouver chez les Cananéens aussi. Ils ont le monstre marin Yam, le mot sémitique pour mer, et Yam était un dieu tyrannique, violent de la mer, du chaos et de la mort. Dans l’histoire, le haut dieu El donne la royauté au Prince Yam au lieu de Baal. Mais Yam abuse de son pouvoir. Il devient un tyran et puis Baal et Yam se battent. Encore sur la royauté, hein ?
Chez les Grecs on a le géant serpentin monstrueux Typhon. La plupart d’entre vous le connaissez probablement déjà. Typhon tente de renverser le roi des dieux, Zeus, et les deux se battent dans une bataille cosmique que Zeus finit par gagner. À sa défaite, Typhon est jeté dans le Tartare, un puits infernal sous la terre où les dieux emprisonnent leurs ennemis. Gardez ce petit détail dans un coin de votre mémoire. La théogonie d’Hésiode datée d’environ le 8e siècle av. J.-C. décrit Typhon, et notez comment Hésiode met l'emphase sur le bruit que ce monstre marin fait. Cela devrait vous rappeler Apophis, le grand serpent de mer babillant d'égypte, ou Tannen, le monstre marin hurleur hébreu. Lisons :
« De ses épaules poussaient cent têtes de serpent, un dragon effrayant avec des langues sombres scintillantes et de sous les sourcils de ses yeux dans ses têtes merveilleuses jallissait du feu, et du feu brûlait de ses têtes pendant qu’il fixait. Et il y avait des voix dans toutes ses têtes effroyables qui poussaient toutes sortes de sons inexprimables. Car à un moment, ils émettaient des sons que les dieux comprenaient, mais à un autre moment, ils faisaient un bruit semblable à celui d'un taureau mugissant avec fierté et une fureur incontrôlable. Et à un autre le son d’un lion, implacable de cœur. Et à un autre des sons comme des chiots, merveilleux à entendre. Et encore à un autre, il sifflerait de sorte que les hautes montagnes ré-échoaient. »
Il y a un petit détail très intéressant que vous avez peut-être loupé là-dedans, et je veux vous le montrer. Ça dit :
« Et il y avait des voix dans toutes ses têtes effroyables qui poussaient toutes sortes de sons inexprimables. Car à un moment, ils émettaient des sons que les dieux comprenaient, mais à un autre moment, ils faisaient un bruit semblable à celui d'un taureau mugissant avec fierté et une fureur incontrôlable. »
C’est super intéressant. Ceci semble indiquer qu’à un moment, ce monstre marin ne babillait pas, ne hurlait pas, ne beuglait pas comme un taureau, mais parlait d’une façon que les dieux pouvaient comprendre. Ça correspond avec ce que les Égyptiens disaient du serpent de mer Apophis quand ils l'appelait le tombé, ce qui suggère aussi qu’à un moment, ce monstre marin n’était peut-être pas un monstre du tout, mais quelque chose de beaucoup plus raffiné. Réfléchissez-y une minute.
Quand on va chez les Grecs et les Romains, on finit avec ce monstre d’eau serpentin à plusieurs têtes, Hydra. Hydra était la progéniture de Typhon et vivait dans ce lac mythique de Lerna. Dans ce récit, le roi des Tyrans envoie Hercule pour tuer Hydra, et Hercule tue finalement Hydra en tranchant sa dernière tête avec une épée dorée.
Chez les Nordiques, on a le serpent de mer Jormungandr, qui veut dire monstre énorme ou grande bête. C’était ce monstre marin insondablement grand qui encercle Midgard, qui est la terre, mordant sa propre queue. Jormungandr est dépeint en conflit constant avec Thor, le fils d’Odin, le Tout-Père Chef des dieux nordiques. Dans une des versions du mythe, Thor frappe Jormungandr sur la tête avec son marteau en forme de T et ça le tue.
Dans la tradition védique, on a le dragon Vitra qui amasse les eaux et sert d’adversaire principal de Indra, le roi des divas.
Chez les Hébreux, on a le monstre marin primordial Rahab ou Léviathan, qui est l’ennemi de Yahweh. Dans les Psaumes 74:12-14 notez dans ce que Dieu fait avec la carcasse du Léviathan après l’avoir tué. Cela dit :
« car Dieu est mon Roi d’ancien opérant le salut au milieu de la terre. Que c’est divisé la mer par ta force. Tu as brisé les têtes des dragons dans les eaux. Tu as brisé les têtes de Léviathan en pièces et l’as donné à être viande aux gens habitant le désert. »
Donc, notez ici, tout comme on a vu avec l’Enuma Elish, qu’il semblait y avoir plusieurs dragons dans les eaux, pas un seul. Et vous avez vu ce que Dieu a fait ? Avec la carcasse du Léviathan il a nourri des gens. Encore une fois, c’est symbolique. En tuant le monstre marin, le dieu de la mort et de la destruction, Dieu est capable de fournir une plus grande nourriture et vie à son peuple. Un Léviathan mort signifie un peuple vivant, florissant. Il y a des parallèles clairs ici entre l’utilisation de la carcasse par Yahweh pour nourrir les gens et l’utilisation de la carcasse par Marduk dans le mythe de création babylonien pour créer la terre.
Je pense que vous commencez à voir l’image. Ces monstres marins apparaissent partout dans les archives anciennes et ils sont presque toujours liés soit à la création du monde, soit à une bataille sur la royauté, soit les deux. Alors, retournons à ma question originale que j’ai posée plus tôt. Pourquoi des monstres marins ? Pourquoi ces monstres ou serpents résident dans la mer ou dans l’eau ? Pourquoi pas un simple serpent ? Pourquoi un serpent de mer ? La réponse est assez simple si vous avez étudié les leçons précédentes, alors vous la connaissez probablement déjà, mais au cas où vous ne la connaissez pas, c’est parce que la mer primordiale représente là où tous les éléments non créés, indifférenciés, sans vie résident. Une créature de ce genre est un résident parfait pour cet environnement. Pour le Seigneur du Chaos, pour Apophis, il n’y a vraiment pas de meilleur endroit pour sa résidence que dans cet océan sans vie chaotique.
Maintenant vous savez comment et pourquoi les anciens ont développé le dans la conscience collective. Selon les indices qu’on a déjà vu, il semble que ce monstre marin n’ait pas toujours résidé dans les eaux primordiales. Si on regarde ce que les Grecs disent, le monstre marin parlait une langue que les dieux comprenaient, et selon les Égyptiens ce monstre marin devait avoir résidé dans une sphère plus élevée parce qu’il a dû tomber de quelque part.
C’est ici que je veux faire une pause et partager avec vous quelques passages vraiment curieux qui sont écrits dans le Midrash. Si vous ne connaissez pas le Midrash, ce sont les explications et interprétations rabbiniques de textes ou versets bibliques. Les chercheurs datent le Midrash vers 400 ou 700 ap. J.-C. Voilà ce qu’ils disent en commentant sur Job 9:7 qui parle des nageoires du Léviathan :
« Le reflet des nageoires du Léviathan rend le disque du soleil terne par comparaison. Pour que, au lieu de chacune des nageoires, il dit au soleil qu’il brille faiblement. »
Hein ? Alors selon le midrash, les nageoires du Léviathan brillent plus que le soleil ? C’est surprenant, parce que je pensais que le monstre marin était juste ça, un monstre. Pourtant ici les rabbins nous disent que ce monstre brille plus que le soleil. J’imaginais ce fond sombre, solitaire, boueux de l’océan, mais maintenant je le vois avec un monstre là-dedans qui brille plus que le soleil. Et ça me semble bizarre.
Continuons à lire le Midrash. En commentant sur Job 41:22 ça dit :
« Pour ce qui est des parties inférieures du Léviathan, leurs reflets surpassent ceux du soleil. Là où il repose dans la vase, on voit briller de l'or jaune. En temps normal, il n'y a pas d'endroit plus sale que celui où repose un poisson. C'est pourquoi, là où il repose dans la vase, on voit briller de l'or jaune. »
C’est toujours bizarre. Pourquoi ce monstre marin brille-t-il plus que le soleil ? Je veux dire, son ventre brille si fort qu’il fait ressembler la boue à de l’or jaune. Continuons à lire. Le Midrash dit ceci de Job 41:7 :
« À cause de sa gloire, il (Dieu) amène ses défenseurs parce qu’il possède une gloire céleste. Le Saint, béni soit-il, dit aux anges ministres, descendez et faites la guerre avec lui. »
Il y a des choses intéressantes dans ce passage. Le Saint a des anges qui vont à la guerre, donc lui aussi a une horde qui sera dans cette bataille. Mais on doit lire ça très lentement. En parlant du Léviathan ça dit, « à cause de sa gloire ». Quelle gloire ? Ce serpent de mer a de la gloire ? Je continue. « Parce qu’il possède une gloire céleste ». Là c’est encore plus bizarre. Le serpent a une gloire céleste ? Ça semble vraiment contradictoire. Selon ce Midrash, le Léviathan possède une, ou possédait une gloire céleste, c’est pourquoi il brillait plus que le soleil et pourquoi l’endroit, bien qu’au fond de l’océan, brillait comme de l’or jaune. Irving Jacobs, qui a écrit Le Processus Midrashique, a écrit ceci de ce passage :
« L’imagerie et le langage employés dans les lignes d’ouverture de ce passage requièrent une évaluation supplémentaire, particulièrement la phrase gloire céleste. Cette formulation inhabituelle se trouve apparemment uniquement dans le contexte ci-dessus d’où il est difficile de déterminer sa signification précise. On peut supposer, cependant, que notre agadiste inconnu (ce qui signifie cavalier), fait allusion à une tradition ancienne, possiblement biblique en origine, que Léviathan est doté d’une splendeur supernaturelle. La splendeur de Léviathan est comparable avec celle de la lumière primordiale, qui selon la tradition rabbinique, émanait du manteau revêtu par Dieu au moment de la création. Ce Léviathan rayonne une splendeur céleste. »
Eh bien, c’est très, très intéressant. Ça suggère qu’à un moment, le Léviathan dans le royaume pré-existant a obtenu une gloire céleste, une gloire similaire à celle de Dieu. Dans les Psaumes, pour une raison quelconque, il dit qu’il nage maintenant dans les eaux primordiales comme l’ennemi de Yahweh. Donc, quelque chose a dû se passer entre l’obtention de la gloire céleste dans le royaume céleste et sa résidence maintenant dans la vase au fond de l’océan primordial comme l’ennemi de Yahweh. Et pour la réponse à cet énigme, à ce qui s’est passé entretemps, on doit retourner au Livre des Saints Secrets d’Hénoch.
Dans la leçon numéro cinq, j’ai parlé de l’importance de ce livre. Dans ce livre, Hénoch est réveillé par deux anges debout à la tête de son lit. Et ils l’appellent par nom, et ils lui disent qu’ils sont là pour l’accompagner à travers les cieux jusqu’au trône de Dieu. Dans le dixième ciel, Hénoch voit le visage de Dieu et Dieu enseigne à Hénoch avec sa propre bouche tout sur comment il a créé la terre. Et c’est ici qu’on apprend ce qui est arrivé au monstre marin. Au chapitre 29 Dieu parle à Hénoch disant :
« Pour toutes les armées célestes j’ai façonné une image de l’essence du feu j’ai créé les ordres des armées incorporelles. J’ai créé les ordres des armées incorporelles, leurs armes de feu et leurs vêtements de flamme brûlante. J’ai commandé que chacun se tienne en rang. »
Donc, ici Dieu dit à Hénoch par l’utilisation du mot ordres que pas tout le monde dans l’armée céleste de Dieu est du même rang. Il y a différents rangs. C’est à ce point dans le texte qu’on apprend ce qui s’est passé, et ça dit :
« Un d’entre le rang des archanges a dévié, avec la division qui était sous son autorité. Il a conçu une pensée impossible de placer son trône plus haut que les nuages au-dessus de la terre pour qu’il devienne égal en rang à mon honneur. »
Ouah, le serpent de mer avait été un archange ! C’est ce que ce passage dit. Arch signifie chef. Donc, un archange est un ange chef. Les archanges sont le rang le plus élevé d’ange, au moins d’après ce qu’on peut dire des archives anciennes, et on connaît très peu d’anges qui sont appelés archanges. Donc, ça signifie que dans la hiérarchie céleste du christianisme, ce serpent de mer devait avoir été très similaire à Dieu, plein de gloire céleste. De ce passage, cependant, il apparaît qu’il avait un défaut fatal. Il désirait faire son trône aussi haut que celui de Dieu. Ça resemble pas mal à de l’orgueil, ce qui est intéressant parce que dans la Bible hébraïque, le monstre marin est parfois appelé Rahab, qui signifie en hébreu, orgueil ou arrogance. Donc, le nom qu’ils donnent au monstre marin signifie orgueil. Très fascinant. Le passage dans le Livre des Saints Secrets d’Hénoch continue disant :
« Il a conçu une pensée impossible de placer son trône plus haut que les nuages de la terre, pour qu’il devienne égal en rang à mon pouvoir. Je l’ai jeté des hauteurs avec ses anges. »
Ok, ça explique beaucoup de choses. Dieu a jeté cet archange orgueilleux avec tous ses anges hors du ciel. Et grâce aux autres récits on suppose que lui et ses anges ont été relégués aux profondeurs de l’océan primordial. N'oubliez pas que tout ça s’est passé avant que la terre ne soit créée. L’éclat doré de leur peau reflète qui ils étaient autrefois. Mais maintenant, dans les récits anciens, ces monstres qui rôdent dans les profondeurs causant le chaos dans l’univers. Donc, que vous soyez un archange ou un monstre dépend essentiellement de votre niveau de sainteté. Et apparemment ces monstres marins ne semblent pas aimer être en dehors de la présence de Dieu parce qu’ils font beaucoup de gémissements et de hurlements, ou comme les Égyptiens disaient, ils vivent de leurs propres cris. J’adore cette imagerie.
Le récit d’Hénoch est confirmé dans le Nouveau Testament chrétien. On trouve ces mêmes idées dans Apocalypse de Saint Jean, chapitre 12 verset 3 où on lit le récit suivant :
« Et il apparut un autre prodige dans le ciel, et voici un grand dragon rouge ayant sept têtes et dix cornes et sept couronnes sur ses têtes. Et sa queue traîna le tiers des étoiles du ciel, et les jeta sur la terre. »
Comme vous le savez probablement, le livre de Apocalypse est très chargé de symbolisme. Le dragon est l’archange qui a été jeté hors du ciel. Il est dépeint avec beaucoup de cornes et de couronnes et les cornes représentent généralement le pouvoir et les couronnes représentent généralement la royauté et la domination. Donc cette image est consé nous transmettre que cet archange était extrêmement puissant, royal, et avait reçu une vaste domination. Et les étoiles ici représentent généralement des êtres glorieux, ce qui indique qu’un tiers des êtres célestes ont suivi cet archange qui est tombé. Le verset 7 continue :
« Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon, et le dragon combattit et ses anges, et ne prévalurent pas, ni leur place ne fut trouvée plus dans le ciel. Et le grand dragon fut jeté dehors, ce vieux serpent appelé le diable et Satan, qui trompe le monde entier. Il fut jeté sur la terre et ses anges furent jetés dehors avec lui. »
Dans ce verset, on voit qu’une guerre totale a été menée dans le ciel avant que le monde ne soit créé entre les armées de Dieu et les armées de cet archange tombé. Au verset 9, on apprend que cet archange tombé est devenu le diable, ou celui qu'on appelle aujourd’hui Satan, et Satan est parfois appelé Lucifer. Si on lit dans Isaïe 14:12 dans la version Roi Jacques, cela dit :
« Comment es-tu tombé du ciel, ô Lucifer, fils du matin. »
Comme j'ai déjà dit, on doit étudier les noms, n'est-ce pas ? Le nom ici, Lucifer, signifie porteur de lumière. Et le fils du matin fait référence à l’étoile du matin ou Vénus, qui a un niveau de gloire. Donc, les deux semblent renvoyer à la gloire antérieure de Satan comme archange.
Cela m’amène à un dernier article très intriguant par Andre Orlov. C'est le professeur de l’Université Marquette que j’ai déjà mentionné plusieurs fois. Vous devriez lire tout ce que l’homme écrit. Des choses super. Dans cet article intitulé l’article en citant Josèphe, un historien romain juif important qui a vécu de 37 à 100 ap. J.-C., et il a écrit les Antiquités Juives. Dans les Antiquités Juives 3:154-156, Josèphe parle des vêtements qui étaient portés par le grand prêtre dans le tabernacle israélite, qui est devenu plus tard le temple. Voilà ce que Josèphe dit :
« Cette robe est une tunique descendant jusqu'aux chevilles, enveloppant le corps et dotée de manches longues, étroitement lacées autour des bras. Ils ceignaient la poitrine, s'enroulant jusqu'à un peu au-dessus des aisselles, la ceinture, qui avait une largeur d'environ quatre doigts et une texture ouverte, lui donnant l'apparence d'une peau de serpent. Enroulée une première fois autour de la poitrine, après avoir fait le tour, elle était à nouveau nouée, puis pendait en longueur, s'écoulant jusqu'aux chevilles. »
Quand j’ai lu ça pour la première fois, je me suis dit, c'est pas possible ! La ceinture portée par le grand prêtre dans le temple a l’apparence d’une peau de serpent. Orlov cite ensuite un auteur du nom de Fletcher Lewis, qui a examiné cette description par Josèphe en détail, et il a dit :
« L’écharpe pendant à son côté évoque l’image d’un serpent mou et vaincu dans les mains de son conquérant. »
Très intéressant ! On voit dans Apocalypse de saint Jean 1:13 que le Christ ressuscité est dépeint portant une ceinture dorée. Cela dit :
« un comme le fils de l’homme, vêtu d’un vêtement descendant aux pieds et ceint autour des reins d’une ceinture dorée. »
Si ces chercheurs ont raison, on sait maintenant pourquoi le Seigneur ressuscité porte une ceinture dorée qui pend à ses chevilles. Il est le plus grand grand prêtre. Il est celui qui vainc Satan, le serpent de mer, et ses adeptes aux profondeurs de l’océan primordial sans vie. Il est celui qui se tient victorieux comme le conquérant du mal. Et c’est en tuant le Léviathan, le malfaiteur, que plus de vie et de lumière viennent dans le monde. Desormais, chaque fois que vous voyez une image du Christ, le Roi des Rois, vêtu d’une ceinture dorée, vous pouvez penser à sa victoire contre serpent de mer. Et ça vaut la peine d’y réfléchir.
Je vais maintenant vous laisser avec une dernière réflexion. C'est l'une de ces petites perles que j'ai découvertes et qui m'ont tout simplement époustouflé. Dans cet article, le Dr. -------- cite ce passage du traité talmudique 74A, et ça dit :
« Le Saint, béni soit-Il, viendra dans le temps faire un tabernacle pour les justes de la peau du Léviathan. »
Donc, ici dans le Talmud, ça nous dit que Dieu utilisera la peau du Léviathan mort pour faire un tabernacle. Et si vous connaissez le tabernacle dans l’Ancien Testament, alors vous savez qu'on parle d’un temple. Il va utiliser la peau du Léviathan pour faire un temple. Avons-nous déjà entendu quelque chose de similaire ? Où avons-nous entendu cette pratique d’utiliser la peau du Léviathan pour construire un temple ? Si vous avez pensé à l’Enuma Elish, alors vous avez absolument raison. Dans ce récit, Marduk prend la moitié de la carcasse du monstre marin Tiamat et en fait un couvercle, un ciel. Et n’oublions pas que le ciel, où Dieu demeure, est un temple. Donc,
Ici on a une correspondance presque parfaite entre le récit dans l’Enuma Elish babylonien sur des tablettes que les chercheurs datent à 700 av. J.-C. et le récit donné dans le Talmud qui a été compilé entre 200 et 500 ap. J.-C. Mais voilà le clou, d’où les rabbins ont-ils eu l’idée que la peau du Léviathan serait utilisée pour faire un temple ? Parce que l’Enuma Elish, qui a été trouvé dans la bibliothèque d’Ashur Banipal, n’a été trouvé qu’en 1849 ap. J.-C., ce qui est environ 1200 ans après que le Talmud ait été compilé. C’est tout simplement stupéfiant pour moi. Tout ça m'indique une tradition religieuse originelle dans l’antiquité profonde, la tradition primordiale.
Cela conclut cette édition de La Tradition Primordiale. Comme toujours, je vais vous laisser avec les mots de William Shakespeare :
« La connaissance est l'aile avec laquelle nous volons au ciel. »
Je suis Jack Logan.